
En France, un médecin ne peut recevoir de patients qu’à condition d’être inscrit au Tableau de l’Ordre des médecins. Cette règle s’applique sans distinction de nationalité ni d’origine du diplôme. Pour un patient, un employeur hospitalier ou un établissement de santé, vérifier qu’un praticien diplômé à l’étranger dispose bien du droit d’exercer repose sur des outils précis et des registres publics.
Annuaire de l’Ordre des médecins : le premier réflexe pour vérifier un praticien
Le Conseil national de l’Ordre des médecins met à disposition un annuaire en ligne consultable par n’importe qui. Ce registre recense tous les médecins autorisés à exercer sur le territoire, y compris ceux titulaires d’un diplôme obtenu hors de France.
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L’annuaire permet de rechercher un praticien par nom, prénom, spécialité ou localisation géographique. Si un médecin n’apparaît pas dans ce répertoire, il n’est pas inscrit au Tableau, et son exercice est en principe illégal. C’est le moyen le plus direct et le plus fiable pour contrôler l’identité d’un médecin étranger avant toute prise en charge.
L’inscription au Tableau suppose que l’Ordre a déjà vérifié le diplôme, l’autorisation d’exercice et l’absence de sanction disciplinaire. Un résultat positif dans l’annuaire confirme donc bien plus que la simple identité civile du praticien.
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Numéro RPPS et numéro ADELI : deux identifiants à distinguer
Chaque professionnel de santé inscrit en France se voit attribuer un numéro RPPS (Répertoire partagé des professionnels de santé). Ce numéro unique suit le praticien tout au long de sa carrière, quel que soit son lieu d’exercice ou son changement de statut.
Le numéro ADELI, géré par les ARS (agences régionales de santé), servait historiquement à enregistrer les professionnels de santé. Pour les médecins, il a été progressivement remplacé par le RPPS, mais certains praticiens diplômés à l’étranger peuvent encore disposer d’un numéro ADELI en parallèle, notamment lors de phases transitoires d’inscription.
La vérification concrète consiste à demander au praticien son numéro RPPS, puis au croiser avec l’annuaire de l’Ordre ou le répertoire RPPS accessible en ligne. Un médecin sans numéro RPPS valide n’a pas le droit d’exercer en France.
Ce que ces identifiants ne disent pas
Le numéro RPPS atteste de l’inscription administrative. Il ne renseigne pas sur la spécialité effectivement autorisée ni sur d’éventuelles restrictions temporaires. Pour ces informations, le contact direct avec le conseil départemental de l’Ordre reste la démarche la plus sûre.
Autorisation d’exercice des PADHUE : un parcours qui conditionne tout
Les médecins titulaires d’un diplôme obtenu hors Union européenne sont désignés sous le terme PADHUE (praticiens à diplôme hors Union européenne). Leur droit d’exercer en France ne découle pas automatiquement de leur diplôme : il passe par une procédure d’autorisation d’exercice spécifique.
Cette procédure, encadrée par le code de la santé publique, implique plusieurs étapes successives :
- Le dépôt d’un dossier auprès de la commission d’autorisation d’exercice (CAE), incluant diplômes, attestations et justificatifs d’expérience
- La réussite d’épreuves de vérification des connaissances médicales et de maîtrise de la langue française
- Un parcours de consolidation des compétences, généralement sous forme de fonctions hospitalières supervisées pendant plusieurs années
- La délivrance finale d’une autorisation individuelle d’exercice par le ministre chargé de la santé, sur avis de la CAE
Tant que cette autorisation n’a pas été délivrée, le praticien PADHUE ne peut pas s’inscrire au Tableau de l’Ordre et n’apparaît donc pas dans l’annuaire. Un patient ou un recruteur qui constate l’absence d’un médecin dans le répertoire peut en déduire que le processus n’est pas finalisé.
Diplôme européen et cas particulier post-Brexit : ce qui a changé
Pour les médecins titulaires d’un diplôme délivré dans un État membre de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, la reconnaissance est en principe automatique. Le praticien dépose un dossier d’inscription auprès du conseil départemental de l’Ordre, qui vérifie la conformité du diplôme avec les directives européennes.
Le cas des diplômes britanniques mérite une attention particulière. Depuis le Brexit, un diplôme obtenu au Royaume-Uni ne bénéficie plus de la reconnaissance automatique réservée aux diplômes européens. Un médecin formé au Royaume-Uni après la sortie de l’UE doit désormais suivre une procédure d’autorisation comparable à celle des PADHUE.
Vérifier la voie d’accès du praticien
Face à un médecin se présentant comme diplômé en Europe, la consultation de l’annuaire de l’Ordre reste la méthode de contrôle. La mention de la spécialité et du lieu de diplôme y figure. En cas de doute sur un diplôme britannique délivré après la période de transition, le conseil départemental de l’Ordre peut confirmer si la procédure d’autorisation a bien été menée.

Signaler un exercice illégal de la médecine : à qui s’adresser
L’exercice illégal de la médecine est un délit prévu par le code de la santé publique. Si la vérification dans l’annuaire de l’Ordre ou via le RPPS ne donne aucun résultat pour un praticien qui consulte activement, plusieurs recours existent.
- Le conseil départemental de l’Ordre des médecins, compétent pour recevoir les signalements et enquêter sur les situations d’exercice non autorisé
- L’ARS du territoire concerné, qui dispose d’un pouvoir de contrôle sur les établissements et les professionnels de santé
- Le procureur de la République, en cas de suspicion d’infraction pénale avérée
Le signalement peut être effectué par un patient, un confrère ou un établissement. Il ne nécessite pas de preuve formelle, mais la transmission des éléments factuels (nom du praticien, lieu d’exercice, absence dans l’annuaire) accélère le traitement du dossier.
La vérification du droit d’exercer d’un médecin étranger en France repose sur des outils accessibles à tous. L’annuaire de l’Ordre, le numéro RPPS et la connaissance du parcours d’autorisation des PADHUE suffisent dans la grande majorité des cas à lever toute ambiguïté. Le point de vigilance principal reste de ne pas confondre la détention d’un diplôme avec l’autorisation effective d’exercer sur le territoire français.